Un discours plus audible

Un discours plus audible

dscn7344-150x150La coalition de rêveurs pour plus d’écologie, de partage et de démocratie (donc pour moins de capitalisme financiarisé), qui publie des tribunes dans Le Monde ou Libération, n’a jamais été aussi présente, pressante et concrète que depuis que le Sars Cov 2 a frappé, révélant à ceux qui l’ignoraient encore que notre modèle économique était insoutenable.

On comprend qu’elle essaye de saisir l’opportunité. C’est la première fois, en effet, que son propos, censé être « alarmiste », a des chances d’être entendu. Maintenant, quand on prend sa voiture, en restant dans un rayon de 100 kilomètres par rapport à son domicile, on a conscience que 100 kilomètres c’est déjà beaucoup, assez pour polluer… et encore, on ne parle pas de prendre l’avion…

Quand on achète des légumes au supermarché, on comprend mieux ce que signifie « la grande distribution » et que si cette distribution s’arrêtait, on n’aurait plus rien à manger, parce qu’on dépend d’elle pour le besoin le plus vital qui soit. Et on comprend aussi que l’inimaginable est tout à fait susceptible de se produire dans les années qui viennent : que cette distribution, pour toutes sortes de raisons, s’arrête, justement, et qu’on n’ait plus rien à manger.

Maintenant, quand on entend « circuit court » ou « produire local », on comprend mieux que ça pourrait devenir très très vite une question vitale, bien plus vitale que les bonnes études faites par nos enfants dans de bons lycées. Pour y apprendre quels métiers, d’ailleurs ? Des métiers qui ne seront plus utiles dans 10 ou 20 ans ? Moi, je conseille à ma fille la plus douée pour les sciences de devenir ingénieur agronome. Les autres se contenteront de fournir leur force de travail et ramasseront, pour vivre, des pommes de terre et des courges. Ce ne sera pas forcément une vie désagréable. Plus agréable en tout cas que de s’user les yeux devant un écran toute la journée.

Mais que ce discours soit plus audible ne signifie pas que nous sommes tirés d’affaire. Je ne parle même pas des décideurs, environnés de toutes sortes de gens nuisibles qui ont tout à perdre, si on change de modèle économique. Je pense d’abord aux pauvres, qui se préoccupent des fins de mois, voire des milieux de mois. Par quel bout changer le système ? En commençant par quoi, par qui ? J’aurais envie de dire « par les plus riches » mais ce n’est malheureusement pas si simple. Les riches ne sont pas d’accord et sont organisés. Ils ont souvent un coup d’avance et la crise risque de leur profiter. Mais si on commence par les pauvres, ils auront raison de demander pourquoi on ne commence pas par les riches, qui sont moins nombreux et beaucoup plus… riches. Comment faire vivre tout le monde ensemble, dans un modèle plus soutenable et plus « redistributif » ? Telle est la question.

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